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L’origine des hameaux de St Julien de Cray et de Jonzy se perd dans la nuit des temps. Une situation sur une « crête », une vue très large sur le pays environnant, une halte sur le vieux chemin celte reliant, par le Col des Echarmeaux actuel, la Saône et la Loire, importantes voies de circulation commerciale à cette époque reculée, un probable lieu de culte de très anciens dieux… Les populations de ces hameaux vivaient d’élevage, de cultures vivrières, de l’exploitation locale de bois étendus. L’époque gauloise puis gallo-romaine – quelques pièces de monnaie d’époque augustéenne furent jadis découvertes sur le site de Jonzy – virent se développer deux petites bourgades dont nous ignorons encore les noms, qui deviendraient Saint Julien de Cray et Jonzy. Plus tard, des échanges s’ouvrirent au niveau régional. Au Moyen-âge, les deux villages furent soumis à l’autorité et à la justice des Seigneurs de Vichy-Chamron et des Barons de Semur. Vers l’an Mille, les Ducs de Bourgogne annexèrent la baronnie de ces derniers. Parmi les fils de cette famille, Saint Hugues, devenu l’un des grands abbés de Cluny, « phare du Moyen-âge ». Au XIIème siècle, des sanctuaires de style « roman » surgirent en Brionnais. La paroisse de St Julien de Cray, aidée par les donations de seigneurs locaux, éleva, sur un lieu de culte, païen puis chrétien, une église de modeste dimension, dont le clocher et le tympan faisaient toutefois preuve du plus grand art. Le village de Jonzy construisit, à son tour, sur un tertre très ancien dominant une vue immense, une très petite église, sans réelle beauté. Des colonnes peintes de vives couleurs en ornaient le chœur et la fresque XIXème actuelle cache probablement des peintures plus anciennes. Le chemin empierré descendant vers la Loire la longeait, avant de poursuivre – la route et le carrefour de Jonzy actuels n’existant pas – par la route des « Chavannes » actuelle, l’itinéraire conduisant, via Semur, à l’embarcadère de Chambilly. Le voyageur évitait ainsi une trop longue traversée de bois étendus où dangers et mauvaises rencontres le guettaient.


La vie s’écoulait, paisible, dans les deux villages ; ils semblent avoir été épargnés par les guerres, les grandes invasions et les attaques, pendant les guerres de Religion, des troupes du Grand  Condé qui, arrivées par la Loire, avaient ravagé la petite place forte de Semur. Courtépée, écrivain du début du 17ème siècle en mission de reconnaissance en Brionnais, rapporte avoir traversé un très petit village, aux habitants assez peu communicatifs, vivant de leurs propres ressources et ne semblant pas avoir commerce avec les bourgades voisines : à l’époque, la soumission au seigneur du lieu tenait les villageois attachés à vie à leur lieu de naissance. Quelques commerces s’étaient développés à St Julien de Cray. A Jonzy, une famille, les Beauchamp, attestés avoir payé aux Vichy-Chamron des redevances par actes officiels depuis le XVème siècle, semblent avoir émergé du lot commun. Marchands drapiers, ayant très tôt développé leur commerce au chevet de l’Eglise de Jonzy, centre du village d’alors, ils avaient pu au fil du temps, constituer une propriété terrienne considérable et accéder à un niveau d’instruction leur permettant d’intervenir dans la vie de la paroisse. Dans les années 1720, ils achetèrent au Président de la Cour de Justice de Dijon, Monsieur Berbizey, une maison dominant la leur. Leur famille allant s’accroissant, ils l’agrandirent et s’installèrent, dans les années 1730, dans ce qui devenait le « grand Jonzy ». Dès lors leur « vieille maison », près de l’église, prit le nom de « Petit Jonzy » et revint aux curés de la paroisse, traditionnellement l’un des cadets de la famille. Traditionnellement également, le rôle d’administrateur et d’intermédiaire avec les familles seigneuriales ayant autorité, revenait à l’aîné de cette même famille, secondé par des habitants de St Julien de Cray et de Jonzy. A la fin du XVIIIème siècle, un certain Philibert Beauchamp tenait ce rôle, semble-t-il à la satisfaction générale. Vint l’époque révolutionnaire et ses bouleversements. La noblesse locale mais également un certain nombre d’individus faisant ombrage aux révolutionnaires lui payèrent un lourd tribu. A Jonzy, toutefois, Philibert Beauchamp, bourgeois de son état, ne fut pas inquiété et continua d’administrer les deux villages, tenant le cap dans la tempête. Les lieux de culte virent alors à être déclarés Bien Nationaux.


Un habitant de Jonzy, dans l’esprit de l’époque, exprima le souhait de transformer l’église en bâtiment agricole. Philibert Beauchamp, soucieux de lui conserver son caractère sacré, lui proposa alors d’autres avantages et offrit de racheter au Préfet de Saône et Loire ce lieu de culte, pour lui-même. Personne ne s’y opposant, l’église paroissiale de Jonzy devint donc, par acte administratif du 9 septembre 1807, chapelle domestique et lieu d’inhumation familial, avec autorisation de l’Evêque d’Autun d’y célébrer la messe à titre privé. La tourmente passée, les habitants de Jonzy prirent conscience qu’ils n’avaient plus d’église paroissiales et qu’il leur fallait, désormais se rendre à l’Eglise de Saint Julien de Cray pour assister aux offices, se marier, baptiser leurs enfants et enterrer leurs morts. Dans les années 1810, ils optèrent pour une installation à St julien de Cray. Laissant désormais leurs maisons de Jonzy tomber à l’abandon, ils élevèrent de nouvelles habitations à St Julien de Cray. Les quelques commerçants et artisans de Jonzy suivirent leur clientèle.


Vint l’époque ou les notions de commune et de maire furent instituées. En 1806, Jean Charles Laurent, lyonnais d’origine, gendre de Philibert Beauchamp, lui succéda dans la gestion des propriétés de Jonzy, importantes à l’époque. Il fut également nommé maire de St julien de Cray et de Jonzy par la Préfecture de Mâcon, le conseil municipal, constitué d’habitants des deux communes étant élu par vote local. Jean-Charles Laurent, pendant les quarante-huit ans de son mandat, eut à faire face à des problèmes dus au nouvel afflux de population : l’agrandissement de l’église existante, pour lequel il convenait d’entreprendre une consolidation des assises et de collecter les sommes nécessaires, l’ouverture d’une école, car si, à une époque où le fait de savoir lire et écrire n’était pas considéré comme essentiel dans le monde rural de l’époque, un petit groupe de religieuses avait suffi à l’enseignement de rudiments d’instruction, il devenait impératif d’instruire davantage les enfants des deux villages et l’aménagement d’une vraie route vers Marcigny. Ce dernier projet comportait l’abandon, de l’ancien chemin longeant l’église de Jonzy et un nouveau tracé coupant désormais la forêt, à travers des près et des bois appartenant à Jean-Charles Laurent, terrains dont il fit don à la municipalité. Ce nouvel itinéraire était désormais analogue à celui existant de nos jours.


Enfin, vers 1860, la mairie eut à résoudre une question de bon sens : la réunion des deux communes. Cela n’alla apparemment pas sans d’interminables discussions, chacun des deux lieux d’habitation désirant sauvegarder ses habitudes de vie après de longs siècles d’existence en parallèle. Jean-Charles Laurent, en tant que maire, parvient à un accord et à la fusion des deux communes, sous le nom de St julien de Jonzy, le 19 août 1860. Apparurent également les nouveaux registres d’état civil, tenus désormais par la mairie et remplaçant les antiques registres paroissiaux, seuls existant avant cette époque. Un notaire ouvrit son étude, de nouveaux commerces virent le jour : boulangerie, épiceries, culottière, coiffeur, dénommé « le perruquet » (dont l’épouse était « la perruquette…), modiste et autres petites boutiques animant le « bourg ». A Jonzy, demeuraient deux ou trois fermes appartenant aux Beauchamp-Laurent et la famille Laurent elle-même, fort nombreuse, répartie entre les deux maisons construites, à l’origine, par la famille Beauchamp. Le « Petit Jonzy » fut agrandi et prit alors l’aspect qu’elle a aujourd’hui, avec l’admirable vue sur la vallée de la Loire dont elle bénéficie. Jean-Charles Laurent allait disparaître en 1867 ; l’un de ses fils refusa la fonction mais demeura conseiller municipal. La vigne avait toujours été une source importante de revenus sur la commune ; l’épidémie de phylloxera, au début du XXème siècle, fut un désastre. Puis vint la Grande Guerre et la mobilisation générale. St Julien de Jonzy éprouva, parmi ses jeunes hommes, nombre de deuils cruels, privant les filles de maris et l’agriculture de bras. Le monument aux Morts de la commune en témoigne. Le temps passant, le calme revint. Mais la Seconde Guerre mondiale approchait à grands pas. En juin 1940, Monsieur Louis Laurent, écrit de Jonzy : « des éclaireurs allemands en motocyclette sont passés dans le bourg… ». En 1942, le statut de « zone libre » fit place à une occupation allemande générale. St Julien de Jonzy en fut, peut-être moins affectée que d’autres agglomérations. Les « restrictions » y étaient tempérées, chacun disposant d’un potager, d’une basse-cour, de bétail dans ses près, d’un cheval à l’écurie pour le transporter et de bois aux alentours, pour cuisiner et se chauffer.

On ressortit les rouets pour filer la laine des moutons et tricoter des vêtements. Les informations sur la situation générale de la France mal connues ; le téléphone existait chez certains mais l’absence de journaux et d’émissions « radio » autres que celles émises par l’occupant et de « radio-Londres » maintenait la population dans l’incertitude. C’est donc pratoi de bouche à oreille que l’on apprit le débarquement des Alliés en Normandie, la retraite de l’armée allemande, l’arrivée des troupes françaises et américaines sur la côte Sud, et la Libération - Enfin ! - puis la Victoire, le 8 mai 1945.


En 1945, Saint Julien de Jonzy était un gros bourg, comptant trois épiceries, une boulangerie, une boucherie, un hôtel, deux couturières et une modiste. Bientôt, toutefois, l’avènement de l’automobile, permettant de se déplacer plus facilement, en particulier vers Marcigny,  son marché du lundi et ses magasins, vers St Christophe en Brionnais et son marché aux bestiaux du jeudi, permit à la commune de sortir définitivement de son isolement des siècles passés.


Aujourd’hui, avec ses immenses vues de tous côtés, la proximité de sites touristiques reconnus et son climat vivifiant, St Julien de Jonzy est devenu un lieu de résidence et de villégiature reconnu et apprécié. Nombre d’activités culturelles et sportives s’adressant à tous existent dans son voisinage. Le vieux village gaulois est devenu un lieu privilégié, attirant nouveaux habitants et touristes.